Samantha Van Geenhoven

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Contributions

Présentation

j'ai 28 ans, je suis d'origine q uébeco-hispano-franco-belge, j'habiteà Valras-Plage (plage de Béziers) et je suis en deuxième année de formation (PE2) à l'IUFM de Montpellier. J'ai préparé le
concours par correspondance et l'an dernier j'étais liste complémentaire dans un double niveau CP-CE1 à Marseillan (34). J'ai un DEA d'Océanologie, Météorologie et Environnement. Poétique, non ? Nombreuses sont les personnes qui se sont exclamées: "Toutes ces années d'études pour n'être qu'instit? " (Bonjour les représentations...) Mais, depuis toujours, j'ai été à la recherche de l'homme de ma vie et du métier qui me permettrait d'être le plus efficace par rapport à ce que je suis et ce que je peux apporter à la société,...

Objectifs: être heureuse ("ne pas découvrir à la veille de mourir que j'étais déjà morte" comme dans Le cercle des poètes disparus), et puis, faire en sorte que le monde de demain soit meilleur. Utopique ? Et alors ? J'ai mis du temps à découvrir que je désirais être professeur au primaire, mais je suis contente d'y être parvenue. Pourquoi, je vous raconte ceci ? Parce qu'il me semble que c'est une démarche philosophique, celle d'être à la quête de la vérité, d'un maximum d'harmonie dans ma vie qu'elle soit professionnelle ou privée. Peut-on alors, dire que je ne suis pas philosophe? Derrière chaque question, chaque (comment dit-on quand ce n'est pas une question ?), se cachent des présupposés (voir mail d'Oscar). Alors, oui, je pense être philosophe, oui, je pense que ma vie est philosophique. MAis, j'ai bien dit "je pense être", et non "je suis" philosophe. Toute la nuance est là, car comme disaient mes élèves pendant les ateliers philo: "ça dépend du sens" que j'attribue à philosophe et philosophique. Et moi, j'ajouterais: ... et du sens qu'attribue à ces mots, celui qui m'écoute.

L'importance, et donc, le choix des mots surgissent des ateliers philo. Oui, mais "ça dépend": quels ateliers philo ? Encore une question ?!?! Et tout ça, pour se comprendre... Où commence et où s'arrête une question philosophique ? Est-ce la question où le questionnement qui est philosophique ? Lorsque j'ai demandé à des élèves de CM pratiquant des ateliers philo ce qu'était une question philosophique, une élève a répondu: "c'est une question qui fait toute une histoire !"

La relativité, n'est-ce pas un des objectifs que la philo permettrait d'atteindre ? Si la relativité met en relation, donnerait-elle par conséquent du sens ? Ne sommes-nous pas (et les enfants) alors, à même de pouvoir mieux comprendre les mathématiques (sans relativité, que seraient-elles ?), la grammaire (les mots sont en relation avec des objets, des idées....), la syntaxe (relation des mots entre eux...), la conjugaison (relation temporelle et au sujet...), la communication (relation à l'autre par la parole...), la citoyenneté (relation à l'autre et aux autres par la parole et les actes...), l'histoire (relation des évènement entre eux....), ...Et qu'est-ce qu'apprendre, sinon mettre en relation pour construire ?

Mais revenons à l'objectif de ce message. Dernière information me concernant. Le sujet de mon mémoire professionnel que je viens d'achever: "En quoi la mise en place d'ateliers philo permettrait-elle de faire évoluer l'identité professionnelle d'un enseignant débutant?"

Pour y répondre, j'ai mené sept ateliers philo dans une classe de CE2-CM1 entre janvier et mars 2001. J'en ai mené un, aussi, en GS et en CM1-CM2. La plupart des séances sont filmées et retranscritent sous forme de scripts. Ce mémoire a été réalisé à deux, et j'y ai découvert une nouvelle forme de coopération et d'enrichissement.

Contrairement à ce que l'on peut croire, ce n'est pas parce que nous avions des idées différentes, et donc, parce qu'il fallait argumenter que nous nous enrichissions, mais parce que nous pensions la même chose (oresque, évidemment !), ou du moins, nous avions la même intuition de ce que nous pensions. C'est en s'exprimant, d'une part, que nous prenions conscience de ce que nous pensions, ou que nous donnions forme à notre pensée. Et d'autre part s'est en écoutant l'autre s'exprimer, qui, à la manière d'un miroir nous renvoyait notre pensée, qu'on lui donnait forme, où lui redonnait forme (re-form-uler).

Je ne sais pas si j'ai été très clair (surtout vers la fin), mais je compte sur vous pour me le faire savoir... Je ne pensais pas écrire tout cela, c'est en écrivant que ma pensée c'est déployée et que je l'ai écrite. Je vous remercie donc, de m'avoir fait découvrir ce que je pense !!!

Date de création : 06 octobre 2002
Date de révision :